Samedi soir, au stade Marcel-Levindrey, l’US Laon a peut-être signé bien plus qu’un simple match nul. Face à l’AFC Compiègne, meilleure attaque du groupe de Régional 1, les Laonnois ont livré une prestation pleine de courage, de solidarité et d’abnégation pour décrocher un 0-0 prometteur, symbole d’un groupe qui refuse de sombrer malgré une période de profonds bouleversements.
Car ce point pris n’a rien d’anodin. Il intervient dans un contexte délicat, presque instable, pour un club en pleine mutation. Entre départs de joueurs, suspensions, ajustements d’effectif et reconstruction sportive, l’US Laon avance sur un fil. Mais samedi, sur le synthétique du complexe Levindrey, ce sont quatorze hommes unis, animés par une même rage de vaincre, qui ont répondu présent.
Un contexte lourd, une réponse collective forte
À l’heure d’aborder cette reprise du championnat en 2026, l’US Laon avançait dans un climat délicat. Les dernières semaines ont été marquées par des départs, des suspensions et une profonde réorganisation de l’effectif. Privée de plusieurs cadres, dont Mory Koné, Thomas Topornicki et Thomas Durand, la formation préfectorale devait se présenter face à une équipe de Compiègne lancée à pleine vitesse, meilleure attaque du groupe et prétendante assumée aux premières places.
Dans ce contexte, nombreux étaient ceux qui redoutaient une soirée compliquée. Mais sur la pelouse synthétique du stade Marcel-Levindrey, l’US Laon a livré une réponse limpide : celle d’un groupe uni, combatif et animé par une rage de vaincre intacte.
Une entame pleine d’allant et de personnalité
Dès les premières minutes, les Laonnois affichent un visage volontaire. Loin de subir, ils prennent le jeu à leur compte, pressent haut et cherchent à poser le ballon. Les circuits sont fluides, le jeu plus combiné que lors des précédentes sorties, et les intentions offensives sont assumées.
À la 13e minute, Laon se signale par la première frappe de la rencontre, captée sans difficulté par Saidani. Un premier avertissement qui en appelle d’autres. Les débordements répétés de Lungituka, très remuant sur son côté, apportent du danger, tandis que Robert et Lebeau tentent leur chance.
À la 17e minute, une nouvelle attaque rapide laonnoise manque de peu de faire mouche. Trois minutes plus tard, à la 20e, Compiègne subit toujours la débauche d’énergie des locaux, qui récupèrent haut et jouent sans complexe. Pendant près d’une demi-heure, Laon impose son tempo et oblige les visiteurs à défendre bas.
Compiègne sort la tête de l’eau
Mais face à une formation aussi armée offensivement, la sanction n’est jamais loin. À la 30e minute, Koré, sur corner, voit sa tête frôler le montant de Thiry. Le tournant du match se situe là : Compiègne se libère et commence à faire parler sa puissance offensive.
À la 39e minute, les visiteurs passent tout près de l’ouverture du score. Sur un centre millimétré de Melvin Minin, Marega trouve le poteau d’une reprise puissante. Motuta conclut dans la foulée, mais l’assistant signale une position de hors-jeu. Laon tremble, mais résiste.
Dans le dernier quart d’heure du premier acte, la pression s’intensifie. Esokowa tente sa chance, Motuta récupère un ballon dangereux dans la surface à la 45e minute, sans réussir à cadrer. La pause intervient sur un score nul et vierge, mais déjà lourd de sens.
Un second acte de résistance et de sacrifice
La seconde période débute sur le même rythme. À la 48e minute, Marega tente une spectaculaire retournée qui oblige Thiry à un arrêt réflexe décisif. Laon recule, subit davantage, mais ne rompt pas.
Les lignes sont plus basses, la conservation du ballon devient plus compliquée, mais la solidarité est totale. Chaque joueur fait l’effort pour son partenaire. Les remplaçants apportent de l’énergie.
La jeunesse laonnoise au rendez-vous
Dans un contexte tendu, ces entrées symbolisent parfaitement la période de transition que traverse le club. Sans trembler, Julien Dollé et Mathéo Courtine répondent présents, s’insérant dans le collectif avec sérieux et maturité. Un signal fort envoyé par l’US Laon : malgré les difficultés, l’avenir se construit aussi sur sa jeunesse.
À la 61e minute, Laon frôle la rupture. Sur une frappe en pivot de Melvin Minin, Bouchend’homme sauve héroïquement sur sa ligne. Un geste défensif décisif, qui résume à lui seul la soirée laonnoise : engagement total et concentration maximale.
Un clean sheet fondateur
Les minutes s’égrènent, Compiègne pousse, mais le bloc laonnois tient bon. La défense, parfaitement solidaire, protège son gardien Thiry, et le clean sheet est préservé au prix d’efforts considérables. Chaque dégagement est salué par le public, chaque duel gagné renforce la croyance d’un groupe qui ne lâche rien.
Au coup de sifflet final, ce 0-0 est accueilli comme une petite victoire. Face à la meilleure attaque du championnat, l’US Laon n’a pas seulement pris un point : il a posé les bases de ce que pourrait être la suite de la saison.
Seule maître à bord, épaulée par Sébastien Mollet, Julie Decaudain peut savourer ce point arraché de haute lutte. Dans une période de transition où l’effectif a été profondément remanié et parfois diminué, la technicienne laonnoise a su maintenir un cap clair et insuffler à son groupe un état d’esprit combatif et solidaire. Face à l’adversité et à la meilleure attaque du championnat, l’US Laon a répondu par l’engagement, la discipline et le courage, récompensés par un point précieux qui valide le travail entrepris et renforce la dynamique collective.
Ce résultat ne règle pas tout. Avec seulement dix points au compteur, le chemin vers le maintien reste long. Mais dans une période de reconstruction, ce match nul apparaît comme un point d’ancrage, une référence sur laquelle s’appuyer.
Solidité défensive, engagement collectif, intégration des jeunes et état d’esprit irréprochable : autant d’éléments qui laissent entrevoir des lendemains plus sereins. Samedi soir, au-delà du score, l’US Laon a rappelé qu’il restait fidèle à ses valeurs. Et dans la lutte pour le maintien, cette niaque pourrait bien faire toute la différence.

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