Il y a des succès qui comptent double. Par le classement, bien sûr, mais surtout par ce qu’ils disent d’un groupe, de son état d’esprit et du travail mené en coulisses. À Vimy, l’Olympique de Saint-Quentin a livré l’une de ses prestations les plus abouties de la saison sur le plan mental, s’imposant 1-0 au terme d’un combat de tous les instants, disputé une grande partie du match en infériorité numérique.
Sur une pelouse lourde, rendue difficile par les conditions climatiques, les Olympiens savaient que le piège était réel. Invaincus depuis plusieurs semaines, les Nordistes n’avaient rien d’un adversaire facile. Et pourtant, ce sont bien les Saint-Quentinois qui ont su faire la différence, en faisant preuve d’un réalisme froid, puis d’une solidarité sans faille.
Le tournant du match intervient dès la 11e minute. Sur une action parfaitement construite, Garot trouve la profondeur, Oulaaouane décale intelligemment et Tamboura, plein de sang-froid, ajuste le portier local. Une action limpide, symbole d’une équipe sûre de ses principes et de son plan de jeu. L’OSQ frappe juste, au bon moment.
Ce but change la physionomie de la rencontre. Vimy pousse, monopolise davantage le ballon, multiplie les situations sur coups de pied arrêtés, mais se heurte à un bloc saint-quentinois discipliné et concentré. Chaque duel est disputé, chaque mètre gagné est âprement négocié. À la pause, malgré une grosse frayeur juste avant le retour aux vestiaires, l’OSQ vire en tête.
La seconde période va alors se transformer en véritable épreuve de résistance. Réduits à dix après l’expulsion de Bellebrahim, les Olympiens savent qu’ils vont devoir souffrir. Et ils souffrent. Longtemps. Beaucoup. Mais jamais ils ne rompent.
Vimy pousse, insiste, domine territorialement. Les occasions se multiplient, notamment cette tête à bout portant repoussée par un Mendes exceptionnel, auteur d’un arrêt réflexe de très haut niveau. Derrière, tout le monde défend. Les lignes se resserrent, les courses se multiplient, les efforts sont partagés. Les remplacements apportent de l’énergie, de la fraîcheur, mais surtout une continuité dans l’état d’esprit.
Même les longues minutes de temps additionnel, interminables, n’auront pas raison de la détermination saint-quentinoise. Crampes, arrêts de jeu, pression constante : l’OSQ plie, mais ne cède jamais. Jusqu’au coup de sifflet final, libérateur.
Ce succès à Vimy est tout sauf anodin. Il met fin à une série de matches sans victoire et permet aux Olympiens de rester solidement accrochés au haut du tableau avant la fin de la phase aller. Mais au-delà des chiffres, cette victoire confirme surtout la progression collective de cette équipe.
Sous la houlette de Jérôme Foulon, l’OSQ affiche une identité claire : une équipe organisée, capable de bien jouer au football, mais aussi de répondre présent quand le contexte impose de lutter, de défendre et de faire preuve de caractère. Ce match en est l’illustration parfaite. Rien n’a été volé, tout a été gagné.
À Vimy, les Olympiens ont prouvé qu’ils ne se contentaient pas de bien figurer. Ils ont montré qu’ils savaient aller chercher des points avec les tripes, dans la difficulté, ensemble. Et dans une saison, ce sont souvent ces victoires-là qui pèsent le plus lourd.

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