Une première période bien maîtrisée par Laon
Dès le coup d’envoi, la rencontre s’est installée dans un tempo soutenu, fidèle à la tradition des derbys axonais. Soissons cherchait à imposer son jeu rapide et direct, s’appuyant sur la mobilité de Kanté et la puissance de Belmokhtar, mais les Laonnois ont parfaitement géré les premières vagues offensives adverses. Compacte et disciplinée, la défense conduite par Lecomte et Koné a contenu les assauts soissonnais, tandis que le milieu s’efforçait de couper les lignes de passe vers l’avant.
Laon, bien en place, a patienté pour frapper au bon moment. À la 38e minute, une incursion de Lobjois dans la surface a été interrompue irrégulièrement. L’arbitre n’a pas hésité et a désigné le point de penalty. Mickaël Lamamy s’est chargé de la sentence, prenant Dujardin à contre-pied pour ouvrir le score (0-1). Les visiteurs tenaient là une avance logique au vu de leur rigueur et de leur organisation.
Mais la fin de période a tout bouleversé. Quelques instants avant la pause, Lamamy, déjà averti, a contesté une décision arbitrale et a écopé d’un deuxième carton jaune, synonyme d’exclusion (45e+2). Ce fait de jeu allait considérablement peser sur la suite du match.
Soissons profite de sa supériorité numérique
Au retour des vestiaires, le coach soissonnais Julien Hernandez n’a pas tardé à ajuster son dispositif. Les entrées de Rutgers et Belhak ont donné un nouvel élan à une équipe qui avait peiné à se montrer dangereuse en première période. Soissons a alors pris le contrôle du ballon et imposé son rythme face à des Laonnois contraints de reculer.
Dès la 49e minute, Belmokhtar a provoqué un penalty après avoir été déséquilibré dans la surface. L’attaquant local s’est fait justice lui-même en transformant la sanction (1-1). Ce but a totalement relancé la rencontre et installé Soissons dans une dynamique positive.
Poussés par un public galvanisé, les Soissonnais ont continué à presser. Leur domination territoriale s’est accentuée et Laon, malgré des efforts louables, n’a plus trouvé les ressources pour remonter le bloc. À la 70e minute, Kanté, lancé dans la profondeur, a été fauché par le gardien Thiry. Nouveau penalty, nouvelle transformation signée Belmokhtar, auteur d’un doublé qui a fait basculer la rencontre (2-1).
Une fin de match sous tension
Laon, mené et amoindri, a tenté de réagir en fin de match. Repositionné plus haut, le capitaine Lecomte a multiplié les initiatives offensives pour relancer les siens. Dans les arrêts de jeu, un corner a failli offrir une égalisation inespérée : la remise de la tête de Lecomte a trouvé Durand esseulé au second poteau, mais la tentative du milieu laonnois a été superbement repoussée par Dujardin, impérial sur sa ligne.
Le portier soissonnais a ainsi préservé la victoire des siens, dans un final marqué par une série de cartons jaunes des deux côtés, reflet d’un match disputé avec intensité mais sans excès.
Des trajectoires opposées
Ce succès permet à Soissons de se repositionner au classement et d’entrevoir la suite du championnat avec optimisme. Julien Hernandez et ses joueurs ont su trouver les ressources mentales pour inverser une situation mal embarquée, confirmant la solidité d’un groupe capable de hausser le ton dans les moments clés.
Pour Laon, ce revers a des conséquences lourdes. Au-delà de la frustration du résultat, il marque la fin d’un cycle. Cédric Bodchon, en poste depuis plusieurs saisons, dirigeait son dernier match sur le banc laonnois. Une décision prise en amont par la direction du club, soucieuse de provoquer un électrochoc après un début de saison en demi-teinte. L’équipe enregistre ainsi son quatrième revers en sept rencontres, et se retrouve dans une position inconfortable à l’approche des prochains matches.
Un derby fidèle à sa réputation
Sur le plan sportif, ce Soissons–Laon restera comme un derby engagé, riche en intensité et en rebondissements. Douze cartons distribués, trois penalties sifflés et un public bruyant ont donné à cette rencontre toute la dimension émotionnelle que ces confrontations régionales suscitent.
Soissons a su capitaliser sur sa supériorité numérique et faire preuve de réalisme, quand Laon, malgré un état d’esprit irréprochable, a payé cher son indiscipline et son infériorité numérique. Au-delà du score, ce match met en lumière deux dynamiques contraires : celle d’un Soissons en progression, et celle d’un Laon en quête de renouveau.

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