Il y a des qualifications qui valent un peu plus qu’un simple passage au tour suivant. Celle obtenue dimanche après-midi par l’ES Montcornet face à l’Iwuy FC (2-0) appartient clairement à cette catégorie. Parce qu’elle récompense un groupe, un club, une dynamique, mais aussi parce qu’elle raconte quelque chose de plus profond : le retour d’un club axonais qui entend retrouver une place importante dans le paysage du football axonais.
Sur leur stade, les Montcornetois, pensionnaires de Départemental 4, ont réalisé une prestation pleine de maîtrise pour venir à bout d’une formation d’Iwuy évoluant en Départemental 1 Nord, dans le secteur de Cambrai. Deux divisions séparaient les deux équipes sur le papier. Sur le terrain, cette différence n’a jamais sauté aux yeux.
Et au-delà du score, c’est peut-être cela qui restera le plus longtemps de cette après-midi de Coupe de France : Montcornet n’a pas simplement résisté à un adversaire hiérarchiquement supérieur. Les Axonais ont joué leur football, avec leurs armes, leur solidarité et une véritable conviction collective.
Une journée particulière avant même le coup d’envoi
Cette rencontre avait pourtant commencé avec une particularité de taille pour les Montcornetois. Leur entraîneur, Clément Bonnaire, n’était pas sur le banc. Pendant que ses joueurs s’apprêtaient à vivre l’un des rendez-vous importants de leur début de saison, le technicien était à distance, pour une raison autrement plus importante : son épouse était à la maternité, dans l’attente d’un heureux événement.
Une situation forcément particulière pour un entraîneur qui avait préparé cette rencontre avec son groupe, mais qui ne pouvait cette fois pas être présent pour vivre les émotions depuis le bord du terrain.
Le relais a donc été assuré par Antoine Tandart, entraîneur adjoint, accompagné notamment de Jérôme Bonnaire, capitaine de l’équipe, ainsi que de Stéphane Millart, entraîneur de l’équipe réserve. Trois hommes qui connaissent parfaitement cet effectif et qui avaient une mission simple : faire en sorte que l’absence du coach ne pèse pas sur le groupe.
Antoine Tandart avait pour lui une connaissance particulièrement fine de cette équipe. Il a partagé le terrain avec certains de ces joueurs quelques années auparavant et a également accompagné plusieurs d'entre eux durant leurs années de formation. À ses côtés, l'expérience et le calme de Jérôme Bonnaire ont permis de maintenir le cap.
Et puis il y avait cette motivation supplémentaire, presque intime : jouer aussi pour Clément Bonnaire, qui, au même moment, devait probablement faire quelques allers-retours dans les couloirs de la maternité.
Une histoire dans l'histoire.
Avant même le début de la rencontre, l'atmosphère était d'ailleurs particulière. La présidente de Montcornet a reçu un petit présent avant le coup d'envoi, dans un geste qui témoignait de l'état d'esprit autour de cette rencontre. Du respect, de la convivialité et cette sensation que, malgré l'enjeu sportif, la Coupe de France reste aussi capable de créer des moments de partage entre les clubs.
Puis le football a repris ses droits.
Un premier quart d'heure équilibré
Pendant les premières minutes, les deux formations se sont observées. Montcornet ne voulait surtout pas se découvrir et Iwuy cherchait naturellement à imposer son rythme, avec le statut de favori que lui conférait son niveau hiérarchique.
Mais rapidement, les locaux ont montré qu'ils n'étaient pas venus pour subir.
Evan Amirault Gerardin a notamment eu deux opportunités de faire basculer la rencontre en faveur des siens. À chaque fois, le gardien d'Iwuy s'est montré impeccable, retardant l'ouverture du score.
Montcornet continuait cependant à avancer avec ses certitudes. Bien organisé dans un bloc médian, le club axonais empêchait son adversaire de trouver facilement des espaces. Les duels étaient disputés avec intensité et, surtout, remportés en nombre par les joueurs de Montcornet.
La récompense allait finalement arriver à la demi-heure de jeu.
Jupin ouvre la voie
À la 30e minute, Montcornet obtient un coup franc aux abords du milieu de terrain. Le ballon est envoyé dans la surface. Dans une situation où le gardien adverse est gêné par l'un de ses défenseurs, le portier d'Iwuy ne parvient pas à maîtriser complètement le ballon.
Louis Jupin est à l'affût.
L'attaquant montcornetois profite de l'occasion pour pousser le ballon au fond des filets et donner l'avantage aux siens.
1-0 pour Montcornet.
Un but qui fait mal à Iwuy. Pendant quelques instants, les Nordistes semblent sonnés par cette ouverture du score. Montcornet, lui, comprend qu'il y a quelque chose à aller chercher.
Les Axonais vont alors profiter de ce moment de flottement pour poser davantage le jeu.
Quelques minutes plus tard, une relance courte permet à Enzo Darroussat de trouver Timéo Maqua. Le jeune Montcornetois parvient à se retourner et démontre toute sa qualité technique en trouvant, dans l'intervalle opposé, Timothé Bernaille.
Le latéral adverse arrive dans un premier temps à devancer le Montcornetois. Mais Bernaille ne renonce pas. En bout de course, au terme d'un effort important, il parvient à arracher le ballon des pieds de son adversaire et surprend le gardien avec une situation difficile à négocier.
Le ballon termine au fond.
35e minute : Montcornet 2-0 Iwuy.
En cinq minutes, le scénario a totalement basculé.
Une équipe qui ne tremble pas
À cet instant, beaucoup auraient pu s'attendre à voir Montcornet reculer et tenter de préserver son avantage.
Il n'en fut rien.
Les Montcornetois ont continué à jouer avec leurs principes, sans donner le sentiment d'être dépassés par l'enjeu ou par le niveau de leur adversaire.
Et c'est là que cette victoire prend une dimension particulière.
Car même en menant 2-0, les joueurs de Montcornet ne donnaient pas l'impression de bénéficier simplement d'une réussite exceptionnelle. Leur organisation était cohérente, leur engagement total et leur confiance visible.
Iwuy ne parvenait pas à prendre véritablement le dessus dans les différents secteurs du jeu. Dans le bloc médian mis en place par les Axonais, chaque tentative nordiste se heurtait à une équipe présente sur les trajectoires et agressive dans les duels.
Derrière, Clément Millart vivait une première période relativement tranquille. Peu sollicité, le gardien montcornetois pouvait compter sur une défense qui jouait avec une vraie sérénité.
À la pause, Montcornet avait donc deux buts d'avance et surtout toutes les raisons de croire à l'exploit.
Le piège de la deuxième période
Il restait cependant 45 minutes.
Et chacun connaît la particularité de la Coupe de France : un avantage peut rapidement disparaître.
Iwuy devait désormais prendre davantage de risques. Les changements effectués par les deux équipes témoignaient de cette volonté de faire évoluer le rapport de force. Montcornet, de son côté, devait gérer son avance sans perdre ce qui avait fait sa force jusque-là.
Les Axonais ont alors accepté de souffrir.
Le dernier quart d'heure allait devenir particulièrement intense.
Iwuy jetait toutes ses forces dans la bataille et obtenait de nombreux coups de pied arrêtés. Les vagues nordistes se succédaient et Montcornet devait défendre avec toute son énergie.
Mais le collectif ne rompait pas.
Les joueurs sortis du banc ont également apporté leur pierre à l'édifice, permettant au groupe de conserver de la fraîcheur et surtout de maintenir cette solidarité qui avait été l'une des clés de la rencontre.
Et puis, dans les dernières minutes, Clément Millart allait devenir l'un des héros de cette qualification.
Aux alentours de la 80e minute, le gardien montcornetois réalisait deux interventions coup sur coup pour préserver l'avantage de son équipe.
Deux arrêts qui ont pesé lourd.
À 2-0, chaque minute qui passait rapprochait Montcornet du quatrième tour. Mais face à une équipe d'Iwuy qui refusait d'abdiquer, il fallait encore tenir.
Les dernières minutes ont ainsi été vécues avec une intensité particulière. Les Montcornetois ont défendu collectivement, vague après vague, sans jamais abandonner un coéquipier.
Puis le coup de sifflet final est arrivé.
Montcornet 2-0 Iwuy.
Et cette fois, ce n'est pas le favori qui passe.
Une qualification qui raconte aussi l'histoire du club
Dans les secondes qui suivent le coup de sifflet, les sourires prennent le dessus.
Il y a évidemment la joie des joueurs. Celle du staff. Celle des dirigeants. Celle des proches et des supporters présents autour du terrain.
Mais il y a aussi quelque chose de plus difficile à expliquer.
Montcornet a connu de belles années. Certains joueurs de l'effectif actuel ont grandi avec les souvenirs de ces équipes qui avaient fait vibrer le club, de ces parcours en Coupe et de ces moments qui appartiennent désormais à la mémoire collective.
Jérôme Bonnaire en est probablement l'un des symboles les plus forts.
Capitaine de cette équipe, il a connu les belles années du club aux côtés notamment de l'entraineur Alain Lebeau. Puis une grave blessure au genou l'avait contraint à mettre le football entre parenthèses. Après une longue période de récupération, il a retrouvé les terrains il y a deux ans.
Aujourd'hui, il est devenu l'un des piliers de ce groupe.
Son rôle ne se limite pas à porter le brassard. Son expérience, son vécu et sa connaissance du club donnent une autre dimension à cette équipe. Dans un match où Montcornet devait gérer des moments difficiles, cette présence comptait.
Et cette qualification vient forcément réveiller quelques souvenirs.
Pour les anciens, elle rappelle une époque où Montcornet avait déjà connu de grandes émotions.
Pour les plus jeunes, elle permet peut-être d'en créer de nouvelles.
Antoine Tandart, entraîneur adjoint : « Ça m’a rappelé les belles années du club auxquelles j’ai pu assister. Je pense au 6e tour de Coupe, ou même à la Marcel-Prévot remportée. Il y avait un goût de nostalgie après le coup de sifflet final. Dans le regard des gens, leurs sourires, j’ai eu comme des flashs et je me suis dit : ça y est… ! Montcornet est de retour !
Il y a un petit héritage dans ce groupe, à qui il faut donner le crédit à Frédéric Tellier et à Gwenaël Wairy, qui sont vraiment les deux coachs qui m’ont inspiré personnellement. Et quand je regarde l’équipe jouer à l’heure d’aujourd’hui, c’est clairement un mixte de ces deux styles qui nous permettent aujourd’hui de faire parler de nous à nouveau. »
« L'avenir semble un peu plus radieux »
À distance, Clément Bonnaire a forcément vécu cette qualification avec une émotion particulière. Privé de banc en raison de l'arrivée imminente de son enfant, l'entraîneur montcornetois pouvait néanmoins mesurer le travail accompli par son groupe depuis plusieurs semaines.
Son équipe a en effet construit cette qualification sur une dynamique de travail. Les entraînements rassemblent régulièrement entre 22 et 24 joueurs, signe d'une implication importante du groupe.
L'intégration des jeunes constitue également l'une des grandes satisfactions du début de saison. Ils sont venus rejoindre un noyau qui avait commencé à être reconstruit la saison dernière, apportant leur énergie et leur fraîcheur à un collectif désormais capable de rivaliser avec des formations évoluant à un niveau supérieur.
« Je suis extrêmement fier de ce résultat, même si je l’ai vécu à distance. Nous avons bien travaillé depuis le début de la saison et les séances d’entraînement sont de qualité, avec une moyenne de 22 à 24 joueurs présents.
L’intégration des jeunes est plus que réussie. Ils sont venus s’intégrer au noyau que nous avions réussi à reconstruire l’année dernière, et c’est une vraie fierté. 😍
L’avenir semble un peu plus radieux.
Maintenant, il faut mettre la parenthèse Coupe de France de côté et se reconcentrer sur le championnat, qui reste notre pain quotidien. Il faudra confirmer notre bon début de saison avec la réception d’un gros morceau du groupe, Bohain B.
Félicitations aux clubs les clubs axonais qui se sont qualifiés et notamment à Bucy les Pierrepont. »
La Coupe de France offre les émotions, les souvenirs et parfois les rêves les plus fous. Mais le championnat reste le quotidien. Et c'est désormais vers celui-ci que les regards vont se tourner. Un petit remerciement aux bénévoles de l'ESM qui ont préparé ce match comme tous les autres !!!!
Une aventure à continuer
Pour Montcornet, cette qualification au troisième tour n'est donc pas seulement une ligne supplémentaire dans le parcours de la Coupe de France. Elle est le résultat d'un collectif qui semble avoir retrouvé une vraie identité. Une équipe composée de joueurs expérimentés, de cadres attachés à l'histoire du club et de jeunes qui commencent à écrire la leur. Une équipe capable de rester soudée alors que son entraîneur vivait un moment familial majeur à distance.
Une équipe qui, dimanche, a respecté son adversaire tout en refusant de le regarder comme une formation inaccessible. Et peut-être surtout une équipe qui donne à nouveau envie de croire aux lendemains.
Cette qualification est aussi celle d’un groupe au complet, composé de Clément Millart dans les buts, Maxence Prévot, Enzo Darroussat, Maxime Brazier, Antoine Tandart, Louis Jupin, Timothée Bernaille, Jérôme Bonnaire, Steven Poulain, Timéo Maqua et Evan Amirault Gerardin, ainsi que des remplaçants Augustin Dumange, Joris Ravaux, Dimitri Poulain et Dylan Carlier et tout le groupe. Tous ont contribué, à leur manière, à cette belle soirée de Coupe de France, entre expérience, jeunesse, solidarité et investissement collectif.
Il faudra désormais confirmer cette dynamique dans le championnat de Départemental 4, avec la réception annoncée de Bohain B. Le contexte sera différent, l'ambiance forcément moins particulière, mais l'objectif sera le même : continuer à construire.
En attendant, Montcornet peut savourer.
Car dans une Coupe de France où les petits clubs rêvent toujours de faire tomber les plus grands, les Montcornetois viennent de réaliser exactement ce que cette compétition sait offrir de plus beau.
Une équipe de Départemental 4 qui élimine une formation de Départemental 1, un groupe qui joue pour son entraîneur absent, un capitaine qui incarne la mémoire du club, une présidente honorée avant le match, des jeunes qui prennent leur place et un vestiaire qui communie au coup de sifflet final.
Voilà peut-être pourquoi certaines qualifications ont une saveur particulière.
Celle-ci, à Montcornet, pourrait bien être le début d'une nouvelle histoire.
Félicitations aux clubs axonais qualifiés
Et cette belle aventure montcornetoise s'inscrit dans un dimanche particulièrement positif pour le football axonais. Félicitations à l'ensemble des clubs de l'Aisne qui ont décroché leur qualification pour le prochain tour de la Coupe de France, avec une mention particulière pour Bucy-les-Pierrepont leur voisin, qui continue lui aussi à faire vivre cette magnifique aventure.
À chaque tour, les écarts de niveau s'effacent un peu plus et les histoires deviennent encore plus belles.
La Coupe de France, c'est aussi ça : faire rêver tout un département.





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