Un premier tour de Coupe de France comme on les aime, irrespirable, intense et cruel pour les uns, magique pour les autres. Ce dimanche 23 août 2026, au stade Jean Bergez, Marle Sport a validé son billet pour le tour suivant aux dépens de Boué-Etreux au terme d'un scénario complètement fou (1-1, 4 tab 2). Un match accroché jusqu'à la dernière seconde où, une fois de plus, le destin des Marlois a fini par croiser les gants de leur ange gardien : Garry Cessin.
Une domination stérile et un vent de frustration
Dès le coup d'envoi donné par l'arbitre Taner Iri, les intentions sont claires. Sur une pelouse naturelle exigeante, Marle Sport prend le jeu à son compte et pousse fort. Dès la 20e minute, les occasions franches s'accumulent sur le but de Valentin Hébert, mais le manque de réalisme trône en maître. Les transmissions manquent de précision dans le dernier geste, laissant espérer les locaux de Boué-Etreux.
Puis, le tournant de la première période survient. Sur une offensive tranchante, Marle pense enfin briser la glace et ouvrir le score. La joie est de courte durée : le drapeau de l'assistant se lève pour un hors-jeu aussi soudain que contesté. Les protestations marloises n'y changeront rien, l'arbitre maintient sa décision sur un hors-jeu qui, selon les observateurs présents, semblait bien inexistant. À la pause, le score de parité (0-0) laisse un goût amer aux visiteurs, dominateurs mais frustrés.
La délivrance d'Axel Tant, la douche froide de la 88e
Heureusement, le vestiaire visiteur a su trouver les mots. Dès la reprise, la machine marloise se met en route. À la 46e minute, sur un coup franc botté aux abords de la surface, le ballon est intelligemment dévié par Léo Dambreville Parent. En embuscade, Axel Tant surgit au second poteau et crucifie le portier adverse d'une frappe rageuse, enflammant le clan orange et noir (0-1).
Fort de cet avantage, Marle gère le tempo, procède à des changements pour apporter du sang neuf (avec les entrées de Romuald Gosselet, Mattéo Nimail ou encore Corentin Mouton) et tente d'alourdir la marque. Mais les minutes s'égrènent et la fatigue commence à peser sur les organismes.
À l'approche du gong final, la tension est à son comble. Alors que la qualification tend les bras aux visiteurs, un fait de jeu vient tout relancer. À la 88e minute, l'arbitre désigne le point de penalty en faveur de Boué-Etreux. Anthony Deville prend ses responsabilités et ne tremble pas, trompant la vigilance de la défense marloise pour arracher l'égalisation in extremis (1-1). Un véritable coup de massue pour Marle, contraint de tout refaire alors que le temps réglementaire touche à sa fin.
Garry Cessin, l'homme des destins en or
Mais quand le chronomètre s'arrête sur un score nul, la loterie des tirs au but s'ouvre, et c'est là que la légende s'écrit. Quand le ballon s'avance vers le point fatidique, Marle sait qu'il possède une arme secrète, un véritable spécialiste des moments de bravoure. Habitué des scénarios hitchcockiens, Garry Cessin a encore frappé.
Sa réputation d'infranchissable lors des séances décisives n'est plus à faire. Les supporters se souviennent encore de ses exploits lors du Challenge Violette, la saison dernière :
En demi-finale, déjà face à un score étouffant de 1-1 contre Aulnois-sous-Laon, il avait écoeuré les tireurs adverses pour propulser son équipe en finale.
En huitième de finale, rebelote face à la réserve de Bruyères-Montbérault, où ses arrêts stratosphériques avaient déjà sauvé les siens.
Et que dire de la finale du même Challenge Violette, où il avait endossé le costume de héros de la même manière ?
Ce dimanche à Etreux, le scénario s'est répété avec une précision chirurgicale. Dès l'entame de la séance, Boué-Etreux loupe son premier tir, tandis que Marle prend l'avantage (1-0). Sur le deuxième tir adverse, Garry Cessin sort une parade exceptionnelle, parfaitement inspiré, permettant à son équipe de creuser l'écart (2-0). Malgré un raté de Matteo Nimail au troisième tir qui maintient un léger suspense, le portier marlois verrouille sa zone. Finalement, le cinquième tir marlois fait mouche et entérine la victoire (4 tab 2).
Solide, solidaire et porté par un gardien décidément taillé pour les plus belles pages de l'histoire du club, Marle Sport poursuit l'aventure en Coupe de France. Les supporters peuvent souffler et exulter : avec un tel rempart dans les cages, le rêve continue et les tours s'enchaînent.
Selon vous, ce supplément d'âme et l'ascendance psychologique de Garry Cessin lors des tirs au but peuvent-ils faire de Marle Sport l'équipe poil-à -gratter redoutable de cette édition dans l'Aisne ?

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